Le sommeil de l’enfant selon la méthode Montessori

Le sommeil de l’enfant selon la méthode Montessori

Le sommeil de bébé selon Montessori : guide pratique

Un nourrisson passe la plus grande partie de son temps à dormir. Et même si la durée du sommeil diminue en grandissant, un enfant dort longtemps en journée pendant plusieurs années. Le sommeil des bébés est un aspect important auquel chaque parent est confronté. Il est celui, entre autres, qui favorise le bon développement de l’enfant, mais aussi qui conditionne parfois l’ambiance générale au sein de la famille. Un bébé qui dort bien, ce sont des parents reposés et une famille tranquillisée. Maria Montessori s’est penchée sur le sommeil de bébé et guide les parents à répondre à ce besoin essentiel, tout en respectant le rythme de l’enfant. On fait le point sur le sommeil de l’enfant dans la pédagogie Montessori.

Au sommaire :

1/ Maria Montessori et le sommeil de bébé

2/ Le sommeil de l’enfant n’est pas réglé comme une horloge

3/ Aider son bébé à distinguer le jour et la nuit

4/ Des rituels oui, mais pas d’indépendance !

5/ Un équipement adapté dans la chambre de bébé

6/ La devise Montessori : un simple matelas au sol comme lit pour bébé !

Maria Montessori et le sommeil de bébé

Maria Montessori a passé de longues années à étudier le comportement des enfants. Elle interpelle les parents de l’importance à porter sur des aspects simples de la vie qui demandent une attention particulière. En effet, sans le vouloir nous passons à côté de choses qui sont précieuses à l’enfant tant pour l’acquisition de son autonomie que pour la confiance en soi ou les autres. Elle met également l’accent sur le développement moteur de l’enfant et sa construction globale.

En ce qui concerne le sommeil, elle explique que le sommeil de l’enfant est un besoin essentiel à son bon développement, mais aussi de sa santé physique, intellectuelle et psychique.

Son analyse porte sur le fait que respecter le sommeil des bébés c’est leur permettre d’enregistrer les informations reçues pendant les phases d’éveil et de récupérer de l’énergie pour continuer à apprendre et à grandir.

Selon Maria Montessori, le sommeil doit être abordé en douceur, en faisant confiance au nourrisson et en sa capacité à se réguler. Il convient alors de ne pas lui imposer le rythme du reste de la famille : on ne le réveille pas et on ne le force pas à dormir. Au contraire, les parents restent à l’écoute de ses besoins. Chaque nouveau-né a ainsi son propre rythme et régule son temps de sommeil.

Le sommeil de l’enfant n’est pas réglé comme une horloge

Avant l’arrivée d’un enfant, le couple vit selon un rythme qu’il s’est créé, et s’adonne souvent le soir à des occupations diverses telles que lire un livre, regarder la télévision ou encore aller au restaurant. Lorsque le premier enfant pointe le bout de son nez, cet équilibre est chamboulé et la liberté des parents à pouvoir vaquer à leurs occupations est fortement réduite. C’est pourquoi les parents veulent rapidement donner un rythme à l’enfant, notamment en matière de sommeil.

Selon la pédagogie Montessori, il est évidemment important d’avoir un rythme, mais il est avant tout essentiel de prendre en compte les besoins de l’enfant et de s’attacher aux signaux qu’il nous montre. Maria Montessori explique que le bébé n’est pas un dormeur par nature : il a besoin d’un temps de sommeil normal. Elle va plus loin en expliquant que l’enfant est un être capable d’observation et que les parents ont pour rôle de le seconder dans son besoin de sommeil. Ainsi, il est important de distinguer le sommeil normal de l’enfant dont il a besoin, au sommeil artificiel que l’entourage provoque chez lui.

Maria Montessori interpelle les parents sur le fait que nous habituons nos enfants à dormir de bonne heure le soir pour être libres de vaquer à nos occupations. Seulement, être attentif aux besoins de l’enfant, c’est l’accompagner sereinement à trouver le sommeil. Chaque membre du foyer retrouve alors un équilibre et l’atmosphère familiale est plus détendue.

Aider son bébé à distinguer le jour et la nuit

Pour y parvenir, on peut alors commencer à aider son enfant à se repérer dans la journée. Même s’il est important de respecter le rythme de bébé, les parents peuvent tout de même l’aider à distinguer le jour de la nuit en créant deux ambiances distinctes.

Ainsi, la nuit la chambre de bébé est plongée dans l’obscurité et le calme. S’il a besoin d’être changé ou réclame à manger, on allume une veilleuse ou une lumière douce. Et surtout, on chuchote pour garder cette ambiance cosy et nocturne. On évite alors toute stimulation comme les mobiles bruyants ou lumineux.

Le jour, la sieste se passe dans la pénombre, mais sans une obscurité complète. Si la sieste dure trop longtemps et que cela risque de jouer sur le sommeil de bébé le soir, on peut ouvrir légèrement les volets ou s’activer doucement à côté de lui, mais sans le réveiller. L’enfant sortira de son sommeil lorsqu’il en aura besoin.

Des rituels oui, mais pas d’indépendance !

Maria Montessori encourage les rituels pour apaiser bébé au moment du coucher comme les berceuses, les câlins, les paroles apaisantes, etc. Cependant, elle explique également que ces rituels ne doivent pas créer une dépendance qui sera difficile à vivre pour tous une fois installés.

Elle conseille alors de ne pas donner de tétine à bébé s’il n’en réclame pas, de ne pas trop le bercer s’il est déjà apaisé, de ne pas chanter systématiquement la même chanson tous les soirs. Agir ainsi serait risquer de créer une dépendance à un acte effectué par l’adulte ou à un objet spécifique pour s’endormir.

Il est préférable de varier les rituels d’apaisement pour que l’absence de l’un d’eux ne devienne pas dramatique et déséquilibre la douce harmonie mise en place pour le coucher. Une petite routine qui sécurise oui, mais avec souplesse !

Un équipement adapté dans la chambre de bébé

Le lit de bébé est au cœur des écrits de Maria Montessori. Dans cette philosophie du sommeil qu’elle expose, elle préconise :

-          Un lit fermé,

-          Sans barreau,

-          Qui donne des limites sécurisantes.

Le contact des parois du lit rappelle au bébé la sensation de cocon qu’il a connu dans l’utérus maternel. Le lit doit aussi lui permettre de bien observer son environnement en lui offrant une belle visibilité.

La pédagogie Montessori recommande également d’abandonner le lit à barreaux classique dès que l’enfant commence à être autonome pour se mouvoir. Toujours selon cette philosophie, le lit d’enfant à barreaux est une prison pour ces enfants en demande de développement moteur et intellectuel. Les enfants sont les prisonniers d’une civilisation construite par l’adulte pour le bien-être de l’adulte qui met en sécurité son enfant dans cette haute cage de fer, pour vaquer à ses occupations. La liberté de l’enfant est ainsi réduite, l’obligeant par la même occasion à appeler ses parents lorsqu’il est réveillé pour pouvoir sortir de son lit.

Si ces propos peuvent paraître durs à entendre, ils ont l’avantage de provoquer une interpellation chez les parents et de soulever la question suivante : pourquoi un enfant capable de se mouvoir seul doit-il encore dormir dans ce type de lit ?

Selon Maria Montessori, l’enfant doit avoir le droit de dormir quand il a sommeil, de s’éveiller quand il a fini de dormir et de se lever quand il veut.

La devise Montessori : un simple matelas au sol comme lit pour bébé !

Maria Montessori préconise alors de réserver le lit à barreaux pour les tout-petits et de l’abandonner à partir de la marche assurée de l’enfant. Il pourra ainsi y entrer et en sortir par lui-même.

Dans la pédagogie Montessori, le lit du nourrisson qui grandit est ainsi remplacé par un simple matelas posé au sol pour que l’enfant soit libre de ses mouvements et ne se sente pas enfermé.

Vers l’âge de 9 ou 10 mois, le matelas pour bébé (ou un matelas plus grand d’une largeur de 120 cm) est directement posé au sol avec une couverture pour que l’enfant puisse se couvrir et se découvrir à sa guise. Pour les parents qui craignent que le matelas ne respire pas, il est possible d’installer un sommier sous le matelas, directement au sol également.

L’idéal est de placer le matelas dans un coin, pour que l’enfant ait une vue dégagée sur l’ensemble de la pièce et sur la porte de sa chambre.

Il est aussi conseillé d’installer un tapis pour faire une transition avec le sol, ou encore un réducteur de lit (de type tour de lit en boudins) pour offrir à l’enfant un espace accueillant et sécurisant.

Cette façon d’organiser le coin nuit dans la chambre de l’enfant lui offre une liberté pour développer son autonomie.

 

Que l’on décide d’opter ou non pour la pédagogie Montessori, l’important est de respecter les besoins de l’enfant sans s’oublier en tant que parent. Le bien-être de tous conditionne l’harmonie au sein de la famille. À chacun de trouver son propre équilibre !

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