Je n’ai pas assez de lait : comment augmenter ma lactation ?

Je n’ai pas assez de lait : comment augmenter ma lactation ?

Parfois l’allaitement ne se passe pas exactement comme on le souhaiterait. Entre un démarrage qui peut s’avérer difficile ou encore un manque de lactation, on peut se retrouver découragé. Comment surmonter une baisse de production de lait ? Y a-t-il des astuces pour augmenter sa lactation ? On fait le point sur l’allaitement et l'on vous livre tous nos conseils.

La production de lait, comment ça marche ?

Nombreuses sont les mamans qui se demandent si leur bébé prend assez de lait ou craignent de ne pas en avoir assez. Prenons le temps de comprendre le mécanisme de la lactation, cela vous aidera à avoir confiance en vous, et à vous poser les bonnes questions.

La quantité de lait produite par les seins dépend de 2 choses :

  • La fréquentation des tétées ;
  • L’efficacité de la succion que le bébé exerce sur le sein.

Lorsque le bébé tète, sa succion provoque la libération de 2 hormones : l’ocytocine et la prolactine. La prolactine est l’hormone qui est associée à la production de lait. En soi, plus le bébé tète, plus le corps de la maman va libérer de la prolactine et les seins produiront du lait. Ainsi, si la quantité de lait produite est insuffisante pour le bébé, il demandera à téter plus souvent. Cette augmentation de tétée, qui sera souvent accompagnée d’une succion efficace, provoquera une augmentation de la production de lait.

L’ocytocine quant à elle est l’hormone qui provoque des contractions musculaires dans les seins. Ces dernières permettent au lait de cheminer dans les canaux lactifères et le font sortir du mamelon lorsque le bébé exerce une succion. Ce phénomène appelé « réflexe d’éjection » est souvent ressenti par la mère comme un picotement dans le sein. Il arrive également parfois que quelques gouttes de lait sortent du sein duquel le bébé ne tète pas. Ces signes aident à savoir que ce réflexe d’éjection se produit. En somme, la production de lait s’adapte à la demande du bébé. Au début de l’allaitement, le corps de la maman ne sait pas quelle quantité produire. C’est en donnant le sein à la demande que petit à petit le volume de lait nécessaire à bébé sera produit pour satisfaire ses besoins

Bébé prend-il assez de lait ?

Il y a 2 moyens efficaces de s’assurer que bébé boit suffisamment :

  • Surveiller sa couche
  • Surveiller sa prise de poids

Durant les deux premiers jours de vie, bébé urine très peu (il ne mouille sa couche qu’une à deux fois). C’est à partir du 3ème jour que l’on constate des couches plus humides. Si bébé boit suffisamment, il élimine abondamment. Il en est de même pour les selles. Les deux premiers jours, il va éliminer le méconium (à la texture vert foncé et visqueuse). C’est à compter du 3ème jour qu’il aura des selles fréquentes (2 à 3 par jour). Là encore, c’est un signe qu’il s’alimente correctement.

En ce qui concerne la perte de poids, si l’allaitement se passe bien elle ne doit pas excéder 7 % du poids de naissance du bébé jusqu’au 4ème jour. Généralement, c’est la durée de votre séjour à la maternité et le personnel surveille ce point chaque jour. De retour à la maison, une sage-femme passe régulièrement les premières semaines pour continuer à peser bébé. S’il ne grossit pas assez et qu’il y a un problème avec l’allaitement, vous ne serez pas seule et elle vous aidera à trouver des solutions. À titre d’information, une petite fille prend en moyenne 190 grammes par semaine pendant les deux premiers mois, et un garçon environ 230 grammes. Attention, ceci est une moyenne, ne vous focalisez pas sur ces chiffres. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre pédiatre ou votre sage-femme.

Un autre indice important pour savoir si bébé prend du lait lors de la tété est que vous l’entendez déglutir : à chaque succion en début de tété, puis toutes les 2 ou 3 succions en fin.

Les fausses alertes qui laissent croire que l’on a pas assez de lait pour nourrir son bébé

Il est important de différencier les régurgitations des vomissements. Ce sont deux choses différentes. Un reflux peut être abondant (et impressionnant) et faire penser à des vomissements. L’intervalle de temps qui sépare une simple régurgitation ou des vomissements du repas peut être variable. Ce n'est donc pas sur ce critère que vous pouvez vous baser pour faire la différence. Alors, comment savoir alors si votre enfant régurgite légèrement, beaucoup ou est pris de vomissements ? 

Les régurgitations simples

Nous l’avons vu précédemment, les régurgitations se font sans effort. Votre bébé ne paraît pas gêné et ne semble pas souffrir de la situation. Il reste alerte et souriant pendant et après les repas. Tant que les régurgitations sont isolées et irrégulières, n’ayez pas d’inquiétude. Ces régurgitations sont bénignes et indolores pour votre bébé. Elles disparaîtront spontanément d'ici les 6 mois (station assise) ou les 1 an de votre enfant (apprentissage de la marche, station debout). En attendant, munissez-vous de votre patience, de langes et de bavoirs pour parer aux rejets de lait inopinés.

Le reflux gastro-oesophagien

Si le reflux est plus sévère et procure de l'inconfort à votre enfant, on parle alors de RGO ou reflux gastro-oesophagien. Le RGO nécessite une consultation pédiatrique (ou pediatre-online) et une prise en charge médicale des causes et des symptômes. Parlez-en à votre médecin et celui ci vous donnera des mesures adaptées !

Les vomissements

Dans le cas de vomissements, votre bébé va faire un effort. En effet, pour vomir, que ce soit des aliments liquides ou solides, votre enfant doit produire des contractions musculaires au niveau des abdominaux. Les vomissements sont généralement douloureux et accompagnés de nausées. Les vomissements en jet qui surviendraient plusieurs fois dans la journée doivent donner lieu à une consultation rapide.

Dans ce cas, votre enfant souffre et le montre par des pleurs. Il est essentiel de trouver la cause de son inconfort pour y remédier. N'oubliez pas non plus, qu'en cas de vomissements fréquents, les risques de déshydratation sont réels et que la courbe de poids de votre enfant peut chuter rapidement. Une prise en charge médicale est donc vivement conseillée.

Comment stimuler sa lactation ?

Si vous constatez une diminution de votre lactation, il est important d’en déterminer la cause pour y remédier. On vous livre des astuces simples pour tenter d’augmenter votre production de lait.

Le premier conseil que l’on peut vous donner est de chercher de l’aide auprès d’une sage-femme ou d’une animatrice spécialisée en lactation. Selon votre situation, elle pourra vous orienter, vous rassurer et vous montrer les bons gestes à adopter.

Stimuler la lactation en mettant bébé au sein plus souvent

Ce geste basique de mettre au sein son bébé est le moyen le plus efficace pour favoriser la montée de lait : plus le bébé tète, plus votre corps libère de la prolactine et vos seins produisent du lait. Ainsi, au moindre signe d’éveil de bébé montrant un besoin de succion, n’hésitez pas à lui proposer le sein. De plus, s’il est calme et non affamé au moment de la mise au sein, il sera plus à même de téter efficacement pour favoriser la production de lait.

Assurez-vous que votre bébé prenne le sein correctement

La mise au sein est primordiale pour un bon allaitement. Pour que cela ne soit pas douloureux pour la maman, et que la lactation soit stimulée, bébé doit placer correctement sa bouche sur le sein, mais il doit également être bien positionné auprès de sa maman.

Pour les positions, il en existe plusieurs que les sage-femmes ont dû vous montrer à la maternité. N’hésitez pas à vous servir de votre coussin d’allaitement pour être confortablement installés tous les deux.

Une fois en place, le bébé doit prendre en bouche l’aréole, avec le mamelon pointé vers le fond du palais. Souvent, les seins sont tendus et durs au moment des montées de lait. Cela peut entraver une bonne prise du mamelon par le bébé. Ainsi, n’hésitez pas à maintenir le mamelon (le pouce dessus et les autres doigts dessous) en face du bébé quand vous le positionnez au sein. Lorsque bébé ouvre la bouche, pointez votre mamelon vers son palais et plaquez votre bébé contre vous. Il prend alors bien le mamelon en bouche, son menton est contre votre sein et ses lèvres sont retroussées.

Si vos seins sont trop tendus, tirez un peu de lait avant la tétée. Les seins seront plus souples et bébé pourra téter facilement.

Surveillez la succion de bébé

Quelques indices donnent des indications d’une bonne succion : bébé fait des mouvements de succion rapide en début de tétée, puis il tète plus intensément et on l’entend déglutir. Si le bébé prend le sein correctement, vous ne devez sentir aucune douleur (une fois les montées de lait douloureuses des premiers jours passées). Si ce n’est pas le cas, interrompez la succion et replacez correctement votre bébé. Un bébé qui tète efficacement est un bébé qui stimule la lactation.

Proposez à bébé les deux seins à chaque tétée

Une fois que bébé a vidé le premier sein, faites-lui faire son rot ou changez-lui la couche. Puis, proposez-lui l’autre sein. S’il a encore faim, bébé prendra tout le lait disponible et vos deux seins seront stimulés en permanence.

Si vous constatez que vous n’avez pas assez de lait, vous pouvez essayer les tétées alternées, aussi appelé la « super alternance ». Cela consiste à changer plusieurs fois de sein au cours d’une même tétée. Dès que votre bébé montre des signes de déglutition plus faible, changez-le de sein. Cette méthode vous assure que bébé reste toujours actif au sein, tout au long de la tétée. Généralement, la production de lait devient suffisante au bout de quelques jours.

Pratiquez la compression de sein

En complément de l’alternance de seins pendant les tétées, vous pouvez également comprimer vos seins pendant le repas de bébé pour prolonger l’écoulement du lait et que bébé continue de s’alimenter.

Pendant la tétée, observez la manière dont bébé déglutit. Lorsqu’il avale moins souvent, entourez votre sein de votre main libre à la base du sein et comprimez-le doucement. Le pouce doit être d’un côté, et les autres doigts de l’autre de votre sein. Le geste ne doit pas être douloureux et effectué loin de l’aréole.

En procédant ainsi, vous augmentez le flot de lait qui sort de votre sein. Le bébé se met alors à téter à nouveau plus rapidement. Continuez le mouvement jusqu’à ce que bébé cesse de téter.

Buvez suffisamment d’eau

La base d’une bonne lactation est de boire régulièrement (idéalement un grand verre d’eau à chaque tétée) et de consommer une grande variété d’aliments pour avoir une alimentation équilibrée.

Tirez votre lait

Tirer son lait est un très bon moyen de stimuler les seins et augmenter sa lactation. Il existe différentes façons de tirer son lait : à la main ou avec un tire-lait (manuel ou électrique). Cela dépend de vos préférences, mais surtout demandez conseil auprès de votre sage-femme qui saura vous aiguiller vers la méthode la plus adaptée à vos besoins et votre mode de vie.

Buvez des tisanes d’allaitement

Cette astuce de grand-mère a fait ses preuves, à condition d’en boire plusieurs tisanes par jour. On trouve ces tisanes en pharmacie, dans les magasins bio ou en vente sur internet. Sachez également que vous pouvez la faire maison en laissant infuser du fenouil, du cumin et de l’anis étoilé dans de l’eau chaude.

Tournez-vous vers l’homéopathie

L’homéopathie peut être d’un grand secours lorsque l’on fait face à une diminution de production de son lait. Cette médecine douce est compatible avec l’allaitement et sans aucun effet secondaire sur vous ou sur bébé. Le mieux pour cela est de vous tourner vers une conseillère en lactation ou une sage-femme homéopathe, pour que l’on vous administre le traitement adapté à votre situation.

Le meilleur des conseils : reposez-vous !

La production de lait dépend beaucoup de l’état de santé de la maman. Idéalement, reposez-vous le plus souvent possible. Essayez d’en faire le moins possible pendant plusieurs jours, surtout lors de la mise en place de l’allaitement. Faites-vous aider pour le ménage et le repas et faites des siestes lorsque bébé dort. Détendez-vous au maximum, car la fatigue et le stress perturbent la lactation.

 

Dans tous les cas, ne restez pas seul face aux difficultés que vous rencontrez. Pédiatre, sage-femme, groupe d’échange entre mamans, PMI, etc. sont autant d’endroits où vous pourrez trouver une épaule et une écoute attentive pour vous aider à trouver des solutions.

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